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Afrique

Soudan : l’Australie sanctionne Abdel Fattah al-Burhan et Mohamed Hamdane Daglo

L’Australie a annoncé, jeudi 5 novembre 2026, de nouvelles sanctions visant plusieurs hauts responsables militaires soudanais, dont le chef de l’armée, Abdel Fattah al-Burhan, et le commandant des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdane Daglo, surnommé « Hemedti ». Canberra leur reproche leur implication dans le conflit armé qui ravage le Soudan depuis avril 2023, ainsi que les graves violations des droits humains commises par les forces placées sous leur commandement.

Les deux principaux protagonistes de la guerre figurent parmi les quatre personnalités concernées par ces mesures. Abdel Fattah al-Burhan, également président du Conseil de souveraineté, dirige l’armée soudanaise, tandis que Mohamed Hamdane Daglo est à la tête des paramilitaires des FSR. Une organisation armée alliée à l’armée régulière est également visée par des sanctions financières.

Les mesures décidées par Canberra comprennent notamment le gel des avoirs, des restrictions de déplacement et l’application du régime australien de sanctions dit « Magnitski », qui permet de sanctionner les personnes impliquées dans de graves violations des droits humains.

Le gouvernement australien accuse les deux camps d’avoir commis de nombreuses exactions depuis le début des hostilités, notamment des attaques contre des populations civiles, des actes de torture, des violences sexuelles et des exécutions extrajudiciaires.

Deux autres responsables sont également concernés : Al-Tijani Al-Tahir Karshoum, présenté comme le gouverneur de facto du Darfour occidental, et Hussein Barsham, commandant des FSR. La brigade Al-Baraa Bin Malik, une formation paramilitaire alliée à l’armée soudanaise, fait aussi l’objet de restrictions financières.

Déclenchée le 15 avril 2023, la guerre entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide a entraîné une catastrophe humanitaire majeure. Selon les estimations relayées par le gouvernement australien, le conflit a fait des centaines de milliers de morts et contraint plus de 14 millions de personnes à abandonner leurs habitations. Près de 34 millions de personnes, soit plus de 70 % de la population soudanaise, ont désormais besoin d’une assistance humanitaire.

Face à cette situation, Canberra appelle à ce que les responsables des atrocités commises dans le pays répondent de leurs actes devant la justice. Ces nouvelles sanctions viennent s’ajouter aux mesures déjà prises contre treize personnes dans le cadre du dispositif australien concernant le Soudan.

Par ailleurs, l’Australie affirme avoir consacré plus de 67 millions de dollars à l’aide humanitaire depuis le début de la crise. Cette assistance vise notamment à soutenir les populations touchées à travers la distribution de nourriture, l’accès à l’eau potable, les soins médicaux, l’hébergement des déplacés et la prise en charge des victimes de violences sexuelles.

Par la rédaction

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