Trois ans après l’organisation des IXes Jeux de la Francophonie à Kinshasa, les travailleurs qui affirment n’avoir toujours pas perçu l’intégralité de leurs rémunérations passent à la mobilisation. Ils interpellent les ambassades de France et du Canada en République démocratique du Congo et annoncent un sit-in de trois jours devant le ministère des Finances, à partir du mercredi 4 novembre.
Dans un mémorandum signé le 2 novembre 2026, le Collectif des travailleurs des IXes Jeux de la Francophonie exige le paiement « immédiat et intégral » des sommes qui leur seraient encore dues par les entreprises prestataires ayant participé à l’organisation de cet événement en 2023.
Adressé aux représentations diplomatiques française et canadienne en RDC, le document sollicite également la transmission urgente de leurs revendications à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ainsi qu’au Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF).
Pour appuyer leur démarche, les travailleurs évoquent plusieurs correspondances administratives faisant état d’instructions visant à régler ce dossier. Ils citent notamment un courrier du ministre délégué chargé de la Francophonie, daté du 14 août 2026, qui fait référence aux instructions du président de la République et de la Première ministre concernant l’apurement des arriérés. Ils mentionnent également une correspondance de la Primature du 2 septembre 2026, soulignant la nécessité d’un règlement intégral pour clôturer le dossier.
Toutefois, selon le collectif, ces démarches n’ont toujours pas été suivies d’un paiement effectif en faveur des travailleurs concernés.
Face à la crainte d’un éventuel règlement partiel entre les autorités et les entreprises prestataires, les signataires rejettent toute réduction des montants réclamés. « Nous réclamons 100 % de notre dû », insistent-ils, précisant que les réunions, annonces et nouvelles promesses ne peuvent se substituer au paiement effectif de leurs rémunérations.
Le collectif inscrit également sa démarche dans le contexte de l’élection prévue le 16 novembre 2026, à laquelle la RDC présente une candidature au sein de l’OIF. Il estime que la situation des travailleurs mérite une attention particulière au regard des principes de solidarité, de dignité humaine et de justice sociale défendus par l’espace francophone.
À cet effet, les signataires invoquent la Charte de la Francophonie ainsi que les textes régissant le CIJF pour interpeller les institutions concernées sur le suivi de leurs revendications.
Dans leur mémorandum, ils formulent trois principales demandes aux autorités françaises et canadiennes : intervenir auprès des autorités congolaises, particulièrement du ministère des Finances, pour accélérer le règlement des sommes réclamées ; transmettre sans délai leur mémorandum à l’OIF et au CIJF ; et porter cette situation à la connaissance de leurs gouvernements respectifs ainsi que de leurs délégations avant l’échéance électorale du 16 novembre.
En l’absence d’une réponse concrète, le Collectif des travailleurs annonce une mobilisation pacifique de trois jours et trois nuits, à compter du mercredi 4 novembre 2026, devant le ministère des Finances à Kinshasa.
Les travailleurs préviennent qu’ils ne considèrent plus les engagements et les promesses comme une réponse suffisante et attendent désormais un règlement effectif de leurs arriérés.
Par Ben Baraka Bulambo

