Une étude consacrée à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) analyse son rôle dans la lutte contre la prolifération des groupes armés dans l’Est de la République démocratique du Congo entre 2007 et 2022. Les auteurs estiment que, malgré plusieurs interventions dans la gestion des crises régionales, l’organisation reste confrontée à d’importants défis.
La persistance des conflits armés dans l’Est de la République démocratique du Congo demeure l’un des principaux défis sécuritaires de la région des Grands Lacs. Une étude intitulée « La Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs “CIRGL” et la lutte contre la prolifération des groupes armés dans l’Est de la RDC entre 2007 et 2022 » s’intéresse au rôle joué par cette organisation régionale dans la recherche de solutions à cette situation.
Selon les auteurs, l’Est de la RDC constitue depuis plusieurs années l’un des principaux foyers de crises et de conflits dans la région des Grands Lacs. La persistance des violences, des massacres et des violations des droits humains a contribué à faire de cette partie du pays un espace marqué par une forte instabilité sécuritaire.
L’étude établit un lien entre la prolifération des groupes armés et plusieurs facteurs, notamment les tensions tribales et ethniques, le trafic illicite des ressources naturelles ainsi que les déficits en matière de démocratie et de gouvernance.
La CIRGL face aux défis sécuritaires régionaux
Créée pour contribuer à la promotion de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du développement durable dans la région des Grands Lacs, la CIRGL constitue, selon l’étude, l’un des cadres régionaux mobilisés pour répondre aux crises qui affectent notamment l’Est de la RDC.
Les auteurs considèrent que le rétablissement durable de la paix dans cette partie du pays ne peut se limiter aux opérations militaires contre les groupes armés. Ils soulignent également la nécessité de s’attaquer aux causes profondes de l’insécurité, parmi lesquelles les conflits communautaires, l’exploitation et le trafic des ressources naturelles ainsi que les problèmes liés à la gouvernance.
Dans cette perspective, la lutte contre les groupes armés est présentée comme un élément central des efforts visant à rétablir la sécurité et à protéger les populations civiles.
Des interventions, mais des résultats encore limités
L’étude relève que la CIRGL a proposé différentes réponses aux défis sécuritaires et politiques auxquels la RDC et la région sont confrontées. Elle a également participé à certains mécanismes de règlement des crises à l’échelle régionale et dans l’Est du pays.
Cependant, les auteurs estiment que les résultats obtenus demeurent insuffisants au regard des objectifs fixés par l’organisation.
Après quinze années d’existence examinées dans le cadre de cette étude, la CIRGL est ainsi décrite comme une organisation ayant enregistré certaines avancées, mais qui reste confrontée à un important chantier pour parvenir à une réduction durable de l’insécurité dans l’Est de la RDC.
Un long chemin vers une paix durable
Pour les chercheurs, la persistance des groupes armés montre que les réponses apportées jusqu’ici n’ont pas permis d’éliminer l’ensemble des facteurs qui alimentent les conflits dans la région.
L’étude met ainsi en avant la nécessité d’une approche globale combinant sécurité, gouvernance, développement, protection des droits humains et lutte contre les réseaux liés à l’exploitation illicite des ressources naturelles.
Elle conclut que la CIRGL a encore un rôle à jouer dans la recherche d’une solution durable aux crises qui affectent la région des Grands Lacs, particulièrement dans l’Est de la RDC.
L’étude a été réalisée par Pacifique Bakanga Ntuali, Onesphore Baroreraho, K. Nabussongo Water Wangunda, Vital Murhula Iragi, Adolphe Amani Byenda, Marie L’Or Dimambu Mayunga et Florent Munenge.
Lien de l’article sur OpenAir et Zenodo: https://doi.org/10.5281/zenodo.22914543
Par Ben Baraka Bulambo

