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Gouvernance

RDC : Jacquemin Shabani met en garde les leaders de la C64 contre tout contact avec l’ancien président Joseph Kabila à Goma.

Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, met en garde les responsables politiques de la coalition C64 contre leur projet de se rendre à Goma pour rencontrer l’ancien président Joseph Kabila, présenté comme étant à la tête du Front de résistance nationale (FRN). Selon lui, tout contact avec l’ennemi dans une zone occupée, sans autorisation du gouvernement, est passible de sanctions pénales.

Dans une interview accordée ce mercredi 4 novembre 2026 au journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Moïse Katumbi, qui a annoncé cette initiative au nom de la C64, a suscité une réaction ferme du gouvernement congolais.

Jacquemin Shabani estime que cette démarche doit être appréciée au regard du contexte sécuritaire que traverse la République démocratique du Congo, confrontée à une agression étrangère et à l’occupation d’une partie de son territoire, avec, selon les autorités congolaises, l’implication de supplétifs congolais.

Pour appuyer sa position, le patron de l’Intérieur évoque l’article 192 du Code pénal congolais, qui prévoit une peine d’un à cinq ans de servitude pénale contre toute personne qui, en temps de guerre, entretient sans autorisation du gouvernement des relations ou une correspondance avec les agents ou sujets d’une puissance ennemie, directement ou par intermédiaire.

Interrogé sur d’éventuelles poursuites judiciaires contre Moïse Katumbi, Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund, Martin Fayulu ou Delly Sesanga, s’ils venaient à se rendre à Goma, le vice-Premier ministre a rappelé que les lois de la République s’appliquent à tous.

Il a également annoncé que son ministère envisage de saisir les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. L’objectif, a-t-il expliqué, est de porter à leur connaissance les initiatives envisagées par les responsables des partis politiques représentés au Parlement, afin que les élus concernés puissent également prendre leurs responsabilités.

Jacquemin Shabani a par ailleurs accusé Joseph Kabila d’être en collusion avec une armée étrangère qui occupe une partie du territoire congolais. Il a notamment rappelé le déplacement de l’ancien chef de l’État à Goma, présenté à l’époque comme une initiative en faveur de la paix, avant que son rôle présumé au sein de la rébellion ne soit, selon lui, révélé.

De son côté, la coalition C64 affirme vouloir rencontrer d’abord le président Félix Tshisekedi, puis Joseph Kabila, dans le but de trouver une solution congolaise à la crise sécuritaire et de favoriser l’organisation d’un dialogue national véritablement inclusif.

Face à cette démarche, Jacquemin Shabani a rappelé que le chef de l’État avait lui-même lancé des initiatives visant à rencontrer les acteurs de la classe politique dans le cadre du dialogue national. Il estime toutefois que les responsables politiques doivent être jugés à partir de leurs actes et non uniquement de leurs déclarations.

Cette prise de position du gouvernement intervient alors que les initiatives politiques autour de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC se multiplient, dans un contexte marqué par la recomposition des forces politiques et rebelles.

Par la rédaction

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