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Portrait

RDC : Monseigneur Emmanuel Kataliko, l’archevêque de Bukavu proposé au rang de héros national.

Monseigneur Emmanuel Kataliko, ancien archevêque de Bukavu et figure marquante de l’Église catholique congolaise, figure parmi les cinq personnalités dont l’élévation au rang de héros nationaux a été proposée par l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo. Cette proposition figure dans une résolution adoptée le vendredi 6 novembre 2026.

Né en 1932 à Lukole, dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, Emmanuel Kataliko est issu d’une famille chrétienne. Très tôt engagé dans la vie religieuse, il poursuit sa formation théologique et obtient notamment un doctorat en théologie dogmatique ainsi qu’une licence en sociologie.

Il est ordonné prêtre à Rome le 20 décembre 1958. Quelques années plus tard, le 17 mai 1966, il est nommé évêque du diocèse de Butembo-Beni, avant d’être consacré le 11 octobre de la même année. Il exercera cette responsabilité pendant environ trois décennies, jusqu’à sa nomination à la tête de l’archidiocèse de Bukavu.

Le 22 mars 1997, le pape Jean-Paul II le nomme archevêque de Bukavu, en remplacement de Monseigneur Christophe Muzihirwa, assassiné le 29 octobre 1996. Son installation officielle intervient le 18 mai 1997.

Au-delà de ses responsabilités pastorales, Monseigneur Kataliko s’est distingué par son engagement en faveur du développement communautaire, particulièrement dans la région de Butembo-Beni. L’une de ses réalisations majeures reste la création de l’Université Catholique du Graben (UCG), le 22 août 1989, alors qu’il dirigeait encore le diocèse de Butembo-Beni. Cette initiative répondait notamment au besoin de renforcer l’accès à l’enseignement supérieur et universitaire dans les territoires de Beni et de Lubero.

Son action sociale s’est également étendue à l’amélioration des conditions de vie des populations, à la promotion de l’éducation, à la construction d’infrastructures et au développement des routes de desserte agricole reliant les villages aux centres urbains. Ces initiatives lui ont valu d’être associé à l’image d’un pasteur proche de sa communauté et soucieux de son développement.

C’est particulièrement pendant la deuxième guerre du Congo que Monseigneur Emmanuel Kataliko s’est fait remarquer par ses prises de position en faveur de la paix, de la souveraineté nationale et du respect des droits humains. À travers ses messages pastoraux, il dénonçait les violences, les atteintes à la dignité humaine et les souffrances imposées aux populations de l’Est du pays.

Ses déclarations critiques à l’égard de l’occupation et des exactions commises dans la région lui ont valu des représailles. Le 12 février 2000, alors qu’il revenait d’une réunion de la Conférence épiscopale à Kinshasa, il est empêché de regagner son siège archiépiscopal de Bukavu par les responsables du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma). Il est contraint de rester à Butembo, dans le Nord-Kivu, pendant environ sept mois.

Cette mesure suscite des réactions internationales. Le 29 février 2000, l’Union européenne exprime notamment ses préoccupations concernant les restrictions imposées à sa liberté et demande que son retour à Bukavu soit facilité. Après plusieurs mois d’éloignement, il retrouve finalement son diocèse le 15 septembre 2000.

Peu après son retour à Bukavu, Monseigneur Emmanuel Kataliko se rend à Rome pour participer aux activités du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM). Il y décède le 4 octobre 2000, à l’âge de 68 ans, à la suite d’une crise cardiaque, alors qu’il se trouvait en Italie pour des rencontres ecclésiastiques.

Sa disparition intervient quelques semaines seulement après son retour d’exil. Elle laisse un souvenir durable au sein de l’Église catholique congolaise et auprès des communautés du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Plus de deux décennies après sa disparition, Monseigneur Emmanuel Kataliko demeure associé à un parcours marqué par le service religieux, la promotion de l’éducation, le développement communautaire et la défense de la dignité humaine.

Par Ben Baraka Bulambo

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