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Gouvernance

RDC : Adoption de la loi référendaire à l’Assemblée nationale, l’opposition crie au passage en force.

L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a adopté, vendredi 23 octobre 2026, la loi fixant les modalités d’organisation du référendum, après la prise en compte des réserves émises par la Cour constitutionnelle. Le texte doit retourner au Sénat pour une seconde lecture avant d’être transmis au président de la République pour promulgation.

Cette adoption suscite des critiques au sein de l’opposition parlementaire, qui dénonce un passage en force et redoute des conséquences sur le dialogue inclusif annoncé par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi.

Prenant la parole lors d’une motion d’ordre, Christian Mwando, président du groupe parlementaire d’opposition Ensemble pour la République, a appelé les députés à la prudence. Il a notamment évoqué le contexte sécuritaire marqué par la guerre dans l’est du pays et la nécessité de préserver la cohésion nationale.

Pour lui, l’examen de cette loi intervient à un moment délicat, alors que les modalités du dialogue inclusif annoncé par Félix-Antoine Tshisekedi font encore l’objet de discussions. Il estime que cette démarche législative risque d’accentuer les divisions politiques.

« Le passage en force de cette loi en seconde lecture, sans la participation de l’opposition à tous les niveaux, sera considéré comme une fermeture brutale de la porte du dialogue », a-t-il déclaré.

L’opposition parlementaire avait déjà boycotté l’examen de cette proposition de loi lors de la session précédente. Christian Mwando a ainsi averti que la majorité parlementaire devrait assumer seule les conséquences politiques de son adoption, le texte étant, selon lui, porté uniquement par l’Union sacrée.

À l’inverse, les députés de la majorité défendent cette adoption, qu’ils considèrent comme une expression du fonctionnement démocratique et du principe de la majorité. Ils soutiennent que l’absence des élus de l’opposition ne saurait empêcher la poursuite des travaux parlementaires ni l’examen du texte.

Pour rappel, la loi avait été renvoyée au Parlement par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, pour une nouvelle délibération, à la suite des réserves formulées par la Cour constitutionnelle.

Le texte prévoit notamment la possibilité de modifier la Constitution par référendum ou de soumettre aux électeurs l’adoption d’une nouvelle Constitution.

Depuis plusieurs mois, l’opposition conteste cette loi, qu’elle considère comme un instrument susceptible de faciliter une révision constitutionnelle pouvant ouvrir la voie à un troisième mandat de Félix-Antoine Tshisekedi. Le second mandat du président congolais doit s’achever en 2028.

Par la rédaction

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