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Afrique

Afrique du Sud : Pretoria réagit à la décision américaine de retirer ses avantages commerciaux liés à l’AGOA.

Le gouvernement sud-africain a officiellement réagi à la décision des États-Unis de notifier leur intention de retirer à l’Afrique du Sud les avantages commerciaux prévus dans le cadre de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Cette mesure, annoncée avec un préavis de 60 jours, devrait prendre effet le 1er janvier 2027.

Dans un communiqué publié le 3 novembre 2026, Pretoria indique avoir pris acte de cette décision, tout en reconnaissant les inquiétudes qu’elle suscite auprès des travailleurs, des exportateurs, des entreprises et des communautés dépendant des échanges commerciaux facilités par ce dispositif.

Le gouvernement sud-africain précise que les conséquences de cette mesure varieront selon les secteurs concernés. Il affirme travailler avec les industries touchées afin d’évaluer les risques et de mettre en place des mécanismes d’accompagnement adaptés. Des consultations avec les partenaires sociaux sont également annoncées pour renforcer la résilience de l’économie productive et préserver les emplois.

Pretoria soutient avoir multiplié les initiatives diplomatiques et commerciales pour répondre aux préoccupations de Washington. Le pays affirme notamment avoir proposé des engagements supplémentaires, au-delà des concessions déjà consenties en 2015, dans le respect de ses procédures nationales, de ses exigences constitutionnelles, de ses règles de biosécurité et de ses obligations envers l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le gouvernement sud-africain regrette cependant que les États-Unis aient soulevé de nouvelles préoccupations qui, selon lui, ne figuraient pas parmi les questions abordées lors des négociations engagées en 2025.

Tout en reconnaissant l’importance de l’AGOA, Pretoria estime que ce mécanisme ne constitue pas l’unique fondement des relations économiques entre les deux pays. Selon les chiffres avancés dans son communiqué, environ 89 % des exportations sud-africaines vers les États-Unis ont bénéficié, en 2025, des conditions commerciales ordinaires de la nation la plus favorisée prévues par l’OMC. Seuls 10 % environ ont été exportés dans le cadre de l’AGOA, contre 28 % en 2024.

La valeur des exportations sud-africaines bénéficiant de ce dispositif est ainsi passée d’environ 4 milliards de dollars en 2024 à 1,7 milliard en 2025, soit près de 1 % des exportations mondiales du pays.

Les échanges commerciaux entre les deux économies ont néanmoins atteint 28,8 milliards de dollars en 2025. Plus de 600 entreprises américaines sont implantées en Afrique du Sud et contribuent au maintien d’environ 134 600 emplois.

Pretoria met également en avant l’importance stratégique de ses ressources naturelles et de ses chaînes d’approvisionnement. Le pays fournit notamment 12 des 50 minéraux considérés comme critiques par Washington, ainsi que 70 % des isotopes utilisés, entre autres, dans certains traitements contre le cancer.

Le gouvernement souligne par ailleurs l’interdépendance des deux économies, rappelant que des entreprises sud-africaines investissent également aux États-Unis et que certaines industries nationales dépendent de produits manufacturés américains pour leurs activités d’exportation, notamment dans les secteurs automobile et naval. Une rupture des avantages commerciaux de l’AGOA pourrait donc affecter plusieurs chaînes de valeur et fragiliser certains investissements bilatéraux.

Face à cette perspective, l’Afrique du Sud entend accélérer la diversification de ses débouchés commerciaux. Le gouvernement prévoit de s’appuyer sur sa Stratégie de développement industriel et sa « Stratégie du papillon », toutes deux approuvées par le Cabinet.

Les marchés ciblés comprennent notamment la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’Inde, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), l’Union européenne, le Royaume-Uni, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), le MERCOSUR et la Chine.

Pretoria affirme avoir déjà obtenu de nouveaux accès commerciaux pour plusieurs produits agricoles sud-africains, notamment les agrumes, les avocats, les raisins et les pommes.

Par la rédaction

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