Instituée en 2012 par le World Energy Forum, la Journée mondiale de l’énergie vise à sensibiliser les gouvernements et les citoyens sur l’importance d’un accès équitable, fiable et durable à l’énergie pour tous. Elle met en lumière le rôle central que joue l’énergie dans le développement humain, social, économique et environnemental, tout en rappelant qu’un monde privé d’énergie moderne est un monde où l’éducation, la santé, la sécurité et la croissance sont compromises.
Dans la ville de Bukavu, deux principales sources d’énergie sont utilisées : l’électricité, distribuée par la Société nationale d’électricité (SNEL), et l’énergie solaire, adoptée par plusieurs ménages comme alternative. Cependant, cette dernière demeure coûteuse et souvent insuffisante pour couvrir les besoins domestiques. Malgré les efforts annoncés, plusieurs quartiers et avenues des communes de Kadutu et de Bagira continuent de vivre dans l’obscurité à cause d’un accès irrégulier à l’électricité. Les habitants se débrouillent avec des groupes électrogènes, par le système communément appelé Kigroupé, des bougies ou des torches solaires, des solutions de fortune qui exposent leurs habitations à de nombreux risques, notamment les incendies causés par des installations électriques non conformes ou improvisées.
Le système Cash Power, introduit comme solution d’électricité prépayée, avait suscité beaucoup d’espoir lors de son lancement. Il offrait plus de transparence, un meilleur contrôle de la consommation et une réduction des coupures abusives. Toutefois, dans plusieurs zones de Bukavu, ce projet est aujourd’hui à l’arrêt, contraignant les consommateurs à revenir à l’ancien mode de facturation, jugé opaque et inéquitable. Les communes de Panzi, Bagira et Kadutu figurent parmi les plus touchées, alors que ce système aurait pu considérablement soulager les ménages à faibles revenus.
La Journée mondiale de l’énergie, célébrée chaque 22 octobre, rappelle ainsi qu’un accès stable, sécurisé et abordable à l’énergie demeure une condition essentielle au développement. À Bukavu comme ailleurs, sans une politique énergétique claire et des investissements durables, la lumière restera un luxe pour de nombreux foyers.
Ben Bulambo / Congo-Uni Média

